Aujourd’hui, à la une du Canada’s National Observer(CNO), on y parle de la lutte contre les néonics, des pesticides qui sont néfastes pour les pollinisateurs (dont les abeilles). Ces pesticides se retrouvent dans l’eau de nos rivières. On donne en exemple, Jocelyn Michon de La Présentation.
Voir l’article original ici, en anglais seulement.
En voici un extrait traduit en français pour votre commodité.

L’agriculteur québécois Jocelyn Michon a arrêté de consommer du jour au lendemain.
Pas de tabac. Pas d’alcool. Il a arrêté d’utiliser des semences enrobées d’insecticide dans ses champs de maïs et de soja, une mesure peu orthodoxe chez les producteurs de céréales non biologiques.
Comme des milliers d’autres agriculteurs nord-américains, il a semé pendant des années ses champs avec des semences enrobées de néonicotinoïdes (néonics, en abrégé), les insecticides les plus courants au monde. Les fabricants ont longtemps affirmé que le traitement des semences les protégeait des parasites et augmentait le rendement des cultures, une affirmation aujourd’hui contestée. Ces produits présentent également un inconvénient majeur : ils tuent les pollinisateurs nécessaires à la fertilisation des cultures et il a récemment été démontré qu’ils nuisent à la santé humaine.
Il y a dix ans, Michon savait que les produits chimiques étaient controversés parce qu’ils tuaient les insectes dont il dépendait pour faire pousser des cultures saines. Mais il était préoccupé par ses résultats financiers. Même si les semences traitées nuisaient aux insectes bénéfiques, il est communément admis que le jeu en vaut la chandelle. De plus, il n’avait aucun moyen d’acheter des semences non traitées. Son fournisseur local de semences ne les vendait pas, alors il s’est laissé porter.
Tout cela a changé en 2015 lorsqu’il a assisté à une conférence des agriculteurs du Québec et a entendu une conférence de la biologiste-entomologiste Geneviève Labrie, alors chercheuse au Centre de recherche sur les grains (CÉROM), un organisme de recherche soutenu par le ministère de l’Agriculture et le conseil des producteurs de grains de la province.
Elle a expliqué à la foule que ses recherches ont montré que les semences traitées aux néonicotinoïdes n’augmentaient pas les rendements, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Les semences traitées aux néonicotinoïdes nuisent également aux insectes prédateurs comme les carabes sur lesquels Michon comptait pour tuer naturellement les parasites.
« J’ai besoin d’insectes utiles », a-t-il déclaré au National Observer du Canada en français. « Je ne veux pas les détruire. »
Au début, il a eu du mal à trouver des semences non traitées. Mais tout a changé en 2019, lorsque le Québec a introduit des règles révolutionnaires interdisant les néonicotinoïdes, y compris les semences traitées, à moins qu’elles ne soient prescrites par un agronome. Ces règles étaient une première en Amérique du Nord et ont marqué une défaite rare pour l’industrie canadienne des pesticides, qui pèse 2,5 milliards de dollars et qui a fait pression avec acharnement pour que l’utilisation des néonicotinoïdes soit généralisée à l’échelle nationale.
Après l’interdiction, les fabricants de pesticides ont lancé une autre attaque détournée : ils ont remplacé leurs enrobages de semences aux néonicotinoïdes par des diamides, un groupe d’insecticides particulièrement mortels pour les organismes aquatiques écologiquement importants. En un an, les diamides apparaissaient dans les données provinciales de surveillance des eaux de pesticides.
Ce mois-ci, pour combler cette lacune, le Québec a interdit l’utilisation de toutes les semences enrobées d’insecticide, sauf sur prescription d’un agronome. Cette interdiction est une première au Canada. Les restrictions entreront en vigueur en août prochain pour coïncider avec la saison d’achat de semences de 2026, a déclaré Jacques Fadou, agronome au ministère de l’Environnement de la province.
« Nous voulons mettre fin à l’utilisation systématique de ce type de produits », a-t-il expliqué.
Selon les observateurs, la bataille du Québec contre les néonicotinoïdes montre ce qu’il est possible de faire en matière de réglementation de ces produits chimiques – et soulève des questions sur la décision controversée prise en 2021 par l’organisme fédéral de réglementation des pesticides de les maintenir sur le marché après avoir proposé une interdiction cinq ans plus tôt.
« Le fait que le Québec ait pu restreindre ces pesticides rend encore plus difficile de comprendre pourquoi le Canada semble se plier en quatre pour répondre aux demandes de l’industrie visant à maintenir leur utilisation généralisée ailleurs au pays », a déclaré Lisa Gue, analyste principale des politiques à la Fondation David Suzuki.
Mais la lutte pour en arriver là a pris des années, et l’industrie n’a pas laissé l’opposition se résigner. Au lieu de cela, elle a lancé une attaque multiforme contre les recherches défavorables – et contre ceux qui les effectuent, ce qui a donné lieu à un scandale qui a secoué la province et dévoilé une partie des stratégies de l’industrie des pesticides pour maintenir ses produits en usage.
Le reste de cet article dévoile des faits troublants et mérite une lecture attentive. Je vous invite à en prendre connaissance en utilisant le lien fourni plus haut.