Les syrphes


Le syrphe, une mouche inoffensive qui ressemble à une abeille ou à une guêpe, est très présent depuis quelques années dans notre région Maskoutaine.

Même si elle ressemble à une guêpe ou à une abeille, cette mouche est parfaitement inoffensive et participe activement à la pollinisation.

Bien que les mouches n’aient qu’une paire d’ailes, certaines espèces sont parfois prises pour des abeilles ou des guêpes (qui ont deux paires d’ailes). Deux groupes de mouches, les syrphes et les bombyles, sont des exemples particulièrement frappants de mimétisme; ils ont probablement adopté l’apparence des abeilles pour décourager les oiseaux et les autres prédateurs de les attaquer.

Cependant, ces deux groupes présentent les grands yeux caractéristiques des mouches, et les syrphes peuvent voler de façon saccadée à la manière d’un colibri, ce qui les rend faciles à distinguer des abeilles. Les mouches sont parmi les animaux qui visitent le plus souvent les fleurs. Cependant, elles ne récoltent pas de pollen pour nourrir leur descendance (elles ne construisent pas de nid) et n’ont pas besoin de grandes quantités de nectar. En outre, leurs poils sont relativement clairsemés, de sorte qu’elles ne transportent pas beaucoup de pollen. Selon les évaluations, il faudrait cinq fois plus de syrphes que d’osmies (type d’abeille) pour obtenir le même degré de pollinisation dans les cultures de canola (Jauker et al., 2012). Néanmoins, les mouches peuvent être les principaux pollinisateurs de certaines espèces végétales et contribueraient de façon considérable à la pollinisation de nombreuses plantes à fleurs en Amérique du Nord (Kearns, 2001). Elles sont donc dignes d’intérêt. Les mouches peuvent être d’importants pollinisateurs de certaines plantes cultivées, dont les fraisiers, les oignons et particulièrement les carottes. En fait, les abeilles domestiques ne sont pas très attirées par les fleurs de carotte, de sorte que certains producteurs de semence de carotte utilisent pour la pollinisation des mouches élevées de façon commerciale dans des cages.

Leur forte présence peut être en lien avec le climat, soutient Daniel Gingras, biologiste spécialiste des insectes pour l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec. Les pluies abondantes pourraient notamment avoir joué un rôle dans la présence accrue de cet insecte.

Les feux de forêt pourraient aussi avoir occasionné des déplacements importants de certaines espèces d’insectes.

Selon M. Gingras, cet insecte gagnerait à être davantage étudié au Québec afin que sa distribution et son évolution soient mieux comprises.

Une fois fécondés, les syrphes femelles peuvent pondre jusqu’à mille œufs par individu.

Daniel Gingras, biologiste spécialiste des insectes pour l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec. (Photo d’archives)